LE CAYLAR


LE CAYLAR

Le Caylar, chef lieu du canton de même nom, compte une population de 342 habitants (1990) pour une superficie de 2240 ha. Ses habitants sont les Caylares

 

Situation

Au nord de Lodève, le village actuel se serre contre la hauteur du Roc-Castel, à 752 m. Situé sur la bordure nord du département de l'Hérault, il marque la limite avec le département de l'Aveyron, commençant quelques kilomètres plus loin à La Pezade. C'est la porte du plateau du Larzac et la dernière station sur le plateau, avant la descente sur le Lodèvois, par le Pas de l'Escalette.

 

 

 

Géologie

Comme le Causse du Larzac, auquel il appartient, sa géologie se caractérise essentiellement par un relief dolomitique. La dolomie est une roche constituée de calcite (carbonate de calcium) et de dolomite (carbonate double de calcium et de magnésium) formée au jurassique moyen, iI y a 150 millions d'années. La transformation du carbonate de calcium en dolomite a pour conséquence que les coquilles de lamellibranches, de gastéropodes, les tests de foraminifères, et tous les organismes faits de calcite ou d'aragonite vont disparaître du fait de l'entiére cristallisation de la roche. Ainsi s'explique que ces roches sédimentaires ne contiennent pas de fossiles et que leur dispositions en strates soit si peu évidente.

Cette dernière est facilement soluble sous l'action de l'eau chargée de gaz carbonique. La roche se désagrège, formant le "grésou", un sable fin qui s'accumule au pied des rochers. C'est également une roche gélive et qui résiste peu aux eaux de ruissellement. Ce phénoméne de désagrégation, trés irrégulier, crée de curieux reliefs aux formes très diverses : tours, arches, colonnes, le tout prenant l'aspect d'un paysage ruiniforme. Ces ensembles, véritables chaos, caractérisent le sud-ouest du plateau du Larzac, mais on les retrouve aussi à Montpellier-le-Vieux, Nîmes-le-Vieux, Mourèze etc.

 

 

 

Économie

Traditionnellement l'économie du plateau du Larzac et par conséquent du Caylar est liée à l'élevage des ovins. Les produits de cet élevage important ont toujours fait l'objet de négoces, que ce soit le lait et les fromages ou la laine achetée par les filatures lodèvoises. L'agriculture est surtout céréalière et fourragère, dans les parties les plus riches, les dolines et les sotchs. Les autres productions se sont surtout localisées près des points d'eau, rares, car si le causse est un énorme réservoir d'eau sa surface en est singulièrement démunie. Le Caylar a connu, jusqu'au siècle dernier, un artisanat de qualité se développant autour du cheval et des moyens de transport : sellerie, bourrellerie, forges, construction de matériels agricoles. Des relais fournissant des chevaux de remplacement ou de renfort permettaient de se préparer à la dure descente, ou remontée vers le bassin de la Lergue. Depuis le XIII° au Caylar se sont tenus des marchés et des foires renommés. On y vendait : ovins, bovins, chevaux, produits de la terre et du matériel agricole. Une bascule publique existait encore récemment, elle servait au pesage des céréales.

 

 

 

Origine et Histoire

L'Homme s'est réfugié très tôt sur le site défensif naturel du Roc Castel, pourvu d'une source et d'abris sous roches. La fortification de l'endroit fut d'autant plus facile qu'il n'a suffit, aux premiers occupants des lieux, que de monter des murs entre les dolomies naturellement présentent pour boucler un périmètre. Le plus vieil élément de fortification de l'endroit se nomme la tour des romains, faussement nommer ainsi car l'origine de la construction ayant était attribuée aux romains alors qu'il semblerait plutôt, aux vues de nouvelles découvertes, qu'elle remonterait à l'Âge du Fer. Des maisons de l'époque Carolingienne, remarquable car taillée directement dans la masse rocheuse, sont appuyées sur le Roc Castel.

 

Si l'inventaire dressé en 1960 par G. Combarnous ne fait état d'aucun dolmen, Cazalis de Fondouce, en 1900, signalait un menhir, relevé par l'Abbé Vinas, à Combefère, lieu dit Peyre Plantade, à la limite du Caylar et des Rives. La grotte de Limonesque, au N-E du Caylar, a Livré du mobilier allant du chalcolithique au gallo-romain et des tessons, datés du Hallstatt, auraient été découverts au Roc-Castel. La Carte Archéologique de la Gaule (D.Garcia et L. Schneider -1998) signale un certains nombres de découvertes en rapport avec la période gallo-romaine : tegulae, dolia, amphores, céramique sigillée. La Via Domitia à partir de Nemausus (Nîmes) ou de Cessero (St Thibery) rejoignait Condatomagus (Millau) en passant par Luteva (Lodève), avec la probabilité d'un passage près du site du Caylar, formant un seuil aisé , à l'entrée du Causse. Autant d'éléments archéologiques qui militent en faveur de l'ancienneté du peuplement. J'y rajouterai un argument toponymique, car si Caylar peut provenir du latin castellare (endroit fortifié) il peut aussi être une appellation plus ancienne liée au pré-indo-européen CAR (car- iu) ayant donné des Cayre, Cayret ou de la racine celtique CAL (pierre, rocher) à l'origine du mot Causse, Clapier. Le Roc-Castel, lui-même, pourrait apporter sa "pierre" à l'édifice. Malheureusement, il est difficile de dater les aménagements que l'on y rencontre : banquettes, parapets, escaliers etc.

Historiquement, la première mention attestée du site date de 988, dans le Testament de Saint-Fulcran, avec CASTELARO. Voici quelques évolutions, du toponyme depuis cette date:

CASTLAR 1112

S.MARTINUM DE CASLARO 1122

CASTEL DE CASTLAR 1128

CAILLARIUM 1240

S.MARTINI DE CASLARIO 1252

( variante CAYLARIO)

CAISLARI 1264

S.MARTINI DE CAYLARI 1484

DU CAILLAR 1591

LE CAILAR 1740

LE CAYLAR 1771

 

Nous constatons que la mention d'un "castel' est de 1128 et qu'il parait tout à fait plausible de dater une partie, la plus ancienne, des constructions de cette époque.